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Test Arcam Radia ST5 & A25

Banc d'essai Arcam Radia ST5/A25

05/01/2024
Ampli Hifi et lecteur réseau irradiant d'énergie musicale

La marque britannique Arcam a lancé en octobre dernier sa nouvelle série d'électroniques audiophiles abordables. Cette série, baptisée Radia, compte trois amplis stéréo intégrés, un lecteur de CD et un lecteur réseau. Nous la découvrons ici avec le banc d'essai de son porte-étendard, l'ampli A25 fonctionnant en classe G, accompagné du lecteur réseau ST5 compatible avec tous les protocoles les plus populaires de la musique connectée.

Entre Arcam et les audiophiles, c'est une longue histoire d'amour. L'histoire d'amour commence dans le milieu 1970 alors que la marque s'appelle A&R Cambridge (Amplification & Recording Cambridge). Le petit ampli intégré A60, vendu au cours de sa carrière à plus de 30 000 exemplaires, en est à l'origine. Référence incontournable à son époque, il a marqué l'histoire de la Hifi et figure encore aujourd'hui dans de nombreux classements comme, par exemple, celui des meilleurs amplis de tous les temps de What Hifi ou encore celui des meilleurs modèles vintage de The Vinyl Factory

Mais Arcam, n'est pas uniquement un spécialiste historique de l'amplification analogique. Le constructeur a aussi été un pionnier de la Hifi audionumérique. En 1986, il introduit le premier lecteur de CD conçu et fabriqué au Royaume-Uni, puis, en 1988, il dévoile la Black Box, le premier convertisseur (DAC) indépendant pour platine CD. C'est alors une petite révolution, la Black Box permettait aux audiophiles, pour un coût abordable, de faire évoluer et "upgrader" leur système de lecture de CD.

Arcam a naturellement évolué au cours de son histoire. Elle fait maintenant partie du groupe Harman International, au sein de la division Harman Luxury au côté de marques prestigieuses comme JBL, Lexicon, Mark Levinson ou Revel. Mais ce n'est pas devenu une coquille vide. Elle a toujours ses bureaux de développement à Cambridge au Royaume-Uni. Elle est même devenue un des leaders du groupe. Plusieurs des électroniques Hifi et Home Cinéma de JBL, par exemple, sont ainsi conçues et fabriquées sur le modèle de celles d'Arcam.

Les nouveaux A25 et ST5 s'inscrivent ainsi dans la continuité et la tradition de modernité d'Arcam. L'ampli, fonctionnant en analogique, est le descendant des illustres intégrés iconiques de la marque britannique tandis que le lecteur réseau ST5 fait sienne la philosophie d'un appareil ouvert à toutes les sources de musique en audionumériques.

 

 

 

Un design solaire

Le design de la série Radia d'Arcam fait souffler un vent frais ou plutôt solaire dans le monde de la Hifi abordable. Il est intéressant de noter que lors de la sortie de la gamme, il y avait comme une résonance entre son vidéo-clip de lancement et les images de l'éclipse solaire annulaire du 14 octobre dernier. L'anneau de feu, visible aux États-Unis et en Amérique du Sud, s'incarne dans le design du A25 par ses deux grandes molettes illuminées d'un cercle jaune vif.

 

 

Arcam a en effet beaucoup travaillé le dessin de ses électroniques Radia. L'A25 et le ST5 adoptent une nouvelle façade en métal moulé, de près de 8 mm d'épaisseur, légèrement évidée en son centre et habillée d'un panneau en matériau synthétique satiné. Les terminaisons sont d'ailleurs protégées par une avancée afin d'avoir une esthétique plus cohérente jusqu'à l'arrière des produits. Arcam en a d'ailleurs profiter pour y inscrire la référence produit. À travers ce panneau apparait l'afficheur lorsque l'appareil est allumé.

 

 

Les deux électroniques sont disponibles uniquement en finition noire. Bien que de hauteurs différentes, elles disposent du même type de châssis en tôles épaisses et particulièrement rigides avec un capot présentant d'élégantes et fines nervures. À l'arrière, une pièce en matériau synthétique en forme d'aileron protège et dissimule en partie la connectique. La couleur jaune est reprise par des liserés sur les flancs, sur les pourtours des ouïes d'aération de l'ampli, mais aussi sous les pieds disposant de rondelles antidérapantes dans cette couleur. On la retrouve aussi sur les deux télécommandes, celle du A25 et celle du ST5, identiques, au niveau de la double touche de réglage du volume. Cela confère une esthétique singulière et distinctive aux électroniques Radia d'Arcam.

 

Pas de gadget, mais un équipement répondant à tous les besoins

Fidèle à la tradition audiophile d'Arcam, l'A25 et le ST5, se contentent de fonctions de base les plus simples et évidentes possibles. En façade de l'ampli, outre une prise casque au format mini-jack, il ne se trouve que les deux grosses mollettes de fonction à pression. Celle de gauche sélectionne la source. Celle de droite sert à ajuster le volume ainsi qu'à allumer et mettre en veille l'appareil. La façade du ST5 est encore plus épurée, puisqu'elle ne possède aucune commande. Ce lecteur réseau se destine à être piloté au quotidien de façon connectée, depuis un smartphone, une tablette ou un ordinateur.

Cependant, plusieurs éléments permettent d'aller plus loin. Tout d'abord en pressant trois secondes sur la molette de sélection de source de l'ampli, il est possible d'entrer dans son menu de paramétrage. Celui-ci donne accès au réglage du niveau des éclairages, à celui du gain de la sortie casque, au choix du filtre numérique du DAC intégré, à l'appairage de la liaison Bluetooth ou encore à différents modes de pilotages. En effet, l'A25 et le ST5 peuvent être chaînés à l'aide du câble RJ fourni avec le lecteur réseau. Ils répondent alors de manière synchronisée aux ordres d'une de leur télécommande ou de l'appli de pilotage Radia disponible sous iOS et Android.

Le ST5 dispose lui aussi d'un menu de paramétrage et les télécommandes apportent quelques éléments pratiques : des touches de navigation dans les menus, de lecture et mise en pause, de sauts de plage ou encore de sélection d'une station de radio préalablement enregistrées dans les favoris du lecteur réseau.

Malgré leur apparente simplicité, nos deux électroniques Arcam Radia possèdent des fonctionnalités riches et étendues. À l'arrière de l'amplificateur, la connectique est prête à accueillir jusqu'à quatre sources analogiques, dont une Phono MM, et cinq sources numériques dans les formats les plus utiles (optique, 2x coaxial, USB et Bluetooth). Une sortie préampli complète la panoplie ainsi que des ports de contrôle (Trigger, RJ45, infrarouge).

 

 

De son côté, le lecteur réseau dispose de sorties numériques et analogique ainsi que d'un port USB pour un périphérique de stockage externe et de ports de contrôle. Il se pilote depuis l'application Radia, fort simple, donnant accès à un service de podcasts, aux webradios, à Qobuz et Amazon Music. Mais surtout, il est compatible avec les protocoles Apple Airplay et Google Chromecast, ce qui facilite grandement sa connexion au réseau, ainsi qu'avec Spotify Connect, Tidal Connect, Roon et le DLNA/UPnP. De cette manière Arcam, n'impose pas l'emploi de sa propre application, mais laisse libre champ à l'utilisateur de passer par un des protocoles natifs dont il dispose sur son appareil, qu'il soit sous iOS, Android ou Mac.

 

De la classe G et de l'audio Hi-res

Sous son capot nervuré, l'Arcam A25 reprend les circuits, dans une version modernisée et améliorée, de l'Arcam SA20, dont nous avons fait le banc d'essai en 2018. Il se dote d'une nouvelle section DAC faisant appel à un convertisseur ESS Sabre ES9280AQ PRO. Cette puce a pour avantage d'accepter depuis l'entrée USB les signaux jusqu'en PCM 32 bits/384 Hz et DSD1024.

L'alimentation de l'appareil évolue par rapport au SA20. Son transformateur toroïdal largement dimensionné est maintenant blindé et ses condensateurs de filtrages sont de plus fortes capacités.

Les étages de puissance ont la particularité rare d'être configurés en classe G. Cela signifie qu'ils se composent pour chaque canal de deux push-pull de transistors fonctionnant en parallèle. Le premier est polarisé en classe A et travail sur les petits signaux uniquement. Le second est polarisé en classe B et apporte plus de capacité en courant. Ce sont les mêmes étages d'amplification que sur le SA20, mais la puissance est plus importante : 2 x 100 watts sous 8 ohms, 2 x 165 watts sous 4 ohms. De plus, la carte principale de l'appareil a été totalement redessinée. En verre époxy de haute qualité, dotée de pistes plus larges, elle limite au maximum le câblage en l'air. La réalisation est de fait beaucoup plus propre et qualitative.

Le lecteur réseau Arcam ST5 profitant d'un châssis haut de gamme similaire à celui du A25 intègre une alimentation à découpage. Son module réseau est blindé. Il supporte les flux numériques jusqu'en PCM 24/192 kHz et il est associé à un convertisseur haut de gamme ESS Sabre ES9018K2M.

 

Du grain, de la matière, de l'énergie et une très belle articulation musicale

À l'écoute des Arcam A25 et ST5, il se dégage immédiatement une très belle sensation de naturel et d'énergie. Le fonctionnement en classe G de l'ampli semble parfaitement maitrisé et apporte des qualités qui sont souvent l'apanage d'électroniques bien plus coûteuses et énergivores configurées en pure classe A. On retrouve ce grain, cette matière caractéristique des timbres, accompagné d'une ouverture et d'une impression de légèreté qui donne un grand réalisme à la restitution des voix et des instruments.

Le lecteur réseau s'exprime quant à lui tout en force et en finesse. Il est capable de mettre en lumière une foule de détails d'un enregistrement, d'être incisif et très précis. Il procure un sentiment de grande transparence. Cependant, l'ensemble ne tombe pas dans une approche trop chirurgicale. Au contraire, le son est chaleureux tout en évitant les lourdeurs. L'Arcam A25 tient à merveille les graves. Il parait avoir une très grosse réserve de puissance, se montrant autant à l'aise avec de petites enceintes deux voies qu'avec de grandes colonnes à trois ou quatre voies plus difficiles à alimenter.

 

 

Sur l'introduction de la balade Bug Like an Angel de Mitski, alors que la prise de son de la voix de la chanteuse et celle de la guitare acoustique se superposent au centre, la scène stéréophonique apparait immédiatement très vaste. Les effets de réverb et d'écho décrivent une acoustique ample et vivante. La restitution n'est pas étriquée, comme coincée dans une cabine d'enregistrement. On se délecte des petits bruits d'articulation et de bouche sur la voix de Mitski. L'arrivée des chœurs surprend par sa puissance et son ampleur, brisant à dessein le caractère intimiste, presque de berceuse, du début de la chanson. Ils remplissent l'espace, sans empiéter sur l’intelligibilité du message, le jeu de la basse restant d'une excellente lisibilité rythmique.

Le morceau Asking To Break de James Blake met en évidence la capacité de l'ensemble Arcam à démêler les multiples strates d'enregistrements et prises de son. Le rythme synthétique est soutenu, puissant, bien modulé et nuancé. La scène sonore est très dense, très riche. Elle est d'une profondeur et d'un relief étonnants. Les multiples échos de la voix presque diaphane du chanteur se répondent avec chacun une signature acoustique bien différente. L'enchainement d'ambiances aux tonalités variées garde sa cohérence et sa force, ne dérive pas vers rendu brouillon et sans âme.

Sur l'enregistrement Marching Band avec le batteur virtuose Yussef Dayes et le chanteur de Trap House Jazz Masego, on apprécie à nouveau la sensation d'espace et de relief que procurent l'amplificateur A25 et le lecteur réseau ST5. Le jeu de la contrebasse est profond. Son articulation rythme ce morceau d'une profonde respiration. Les effets de réverbération, la description de l'acoustique donnent l'impression d'assister à une prestation live. L'énergie et la dynamique de l'intégré Arcam, qui s'expriment aussi bien sur les grands que les petits écarts de niveau, rendent justice au jeu tout en subtilité et délicatesse de Yussef Dayes. Le chant de la batterie abandonne tout aspect mécanique et répétitif.

 

Avec sa nouvelle gamme d'électroniques Radia, Arcam nous propose un amplificateur intégré stéréo, l'A25, qui s'inscrit comme une référence dans sa catégorie par la richesse, l'articulation et l'énergie de sa restitution sonore. L'appareil réussit à offrir un équipement complet tout en restant fort simple à utiliser au quotidien. Il est très bien complété par le lecteur réseau ST5. On apprécie la précision du son de ce dernier ainsi que sa souplesse et sa polyvalence qui permettent de le piloter très facilement à partir de l'application Radia ou du protocole de son choix.

 

Caractéristiques

Arcam A25

Puissance 2x 100 W sous 8 Ω, 2 x 165 W sous 4 Ω

Convertisseur intégré ESS ES9280AQ PRO, compatible PCM 32 bits/384 kHz et DSD1024

Entrées analogiques 3x Ligne sur RCA, Phono MM sur RCA

Entrées numériques optique Toslink, 2x coaxiales sur RCA, USB-C, Bluetooth 5.2 (AAC et AptX Adaptative)

Sortie casque 2,5 V sous 32 Ω, 5 V sous 300 Ω

Dimensions (mm) 431 x 344 x 83 mm

Consommations 500 W max. (<0,5 W en veille)

Poids 9 kg

 

Arcam ST5

Fichiers supportés FLAC, WAV, MQA, AAC, ALAC, AIFF, DSD (128)

Fréquences supportées 44.1, 48, 88.2, 96, 176.4, 192 kHz

Sorties numérique coaxiale sur RCA, numérique optique Toslink, analogique sur RCA (niveau variable ou fixe)

Services réseau supportés Apple AirPlay, Google Chromecast, Webradios, Podcasts, Spotify Connect, Tidal Connect, Roon, DLNA/UPnP

Consommation 12 W max. (<0,5 W en veille)

Dimensions 58 x 431 x 344 mm

Poids 3,5 kg

 

 

Consulter la fiche produit du Arcam ST5 et Arcam A25

Consulter le site du constructeur : Arcam

 

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