La profusion des contenus – films, séries et jeux vidéo - et la propension de l'humain moderne à rester bien installé sur son canapé pour en profiter a provoqué une forte demande pour les intégrations audio immersives. Cinéphiles, sérivores et autres gamers ont désormais une envie irrépressible – et la réjouissante possibilité - de reproduire une expérience audiovisuelle ultra réaliste chez eux grâce à une installation home cinéma bien sentie. Et on les comprend : la Coupe du Monde de football étant imminente, imaginez un peu ce que pourrait donner une finale retranscrite par une configuration home cinéma de ce genre ?
Dolby, le prescripteur
Au fil du temps, nombreuses ont été les innovations qui ont permis d'atteindre une immersion sonore assez remarquable du spectateur, le plaçant virtuellement au centre de l'action, et positionnant de plus en plus précisément autour de lui des « objets sonores ». Superstar du genre, le format Dolby Atmos s'est imposé sur le marché du son 3D à grand renfort de communication bien balancée et autres collaborations omnipotentes – le format est notamment disponible sur les plateformes de streaming, actuellement le moyen le plus répandu de consommation culturelle, en faisant le leader indiscuté du marché.
Pour profiter de l'expérience Dolby Atmos, le spectateur doit se procurer deux à quatre enceintes dédiées et un amplificateur AV compatibles. Ces enceintes peuvent être encastrées ou fixées au mur/plafond, ou être installées sur des enceintes colonnes, et agir par réflexion. Le choix desdites enceintes dépend autant du budget de leur acquéreur, que des caractéristiques de la pièce d'écoute : hauteur sous plafond, matériaux, surface au sol, possibilité de percer et altérer le plafond... les contraintes sont nombreuses. Mais au delà de cela, la différence entre enceintes à réflexion et enceintes encastrées se manifeste essentiellement sur la précision de localisation du son. Les modèles encastrés restitueront le passage d'un hélicoptère au dessus de la tête du spectateur avec plus d'emphase et d'exactitude, alors que les modèles à réflexion donneront une impression forcément plus diffuse.
Chronologie de l'audio cinématographique
Ab initio – enfin pas tout à fait, puisqu'au commencement du septième art, ce dernier était muet bien entendu - le son était en mono. Puis vint la première révolution du son stéréo, distillé par deux enceintes. Le son « physiquement » déployé pour le spectateur par ces dernières était en conséquence forcément placé dans les... disons 60° disponibles entre lesdites enceintes. Le contenu de la bande sonore d'un film était alors scindé entre les deux canaux disponibles. Lorsque le son multicanal est apparu, les bande-sons se sont vues disséquées entre les voies frontales, latérales et arrières (appelées surround), et redirigées vers plusieurs enceintes afin de créer un véritable paysage sonore et devenir le prolongement de l'image projetée à l'écran. Un concept traduit par les fameux 5 ou 7.1 – le premier chiffre traduisant le nombre d'enceintes chargées des divers canaux précités, et le deuxième faisant référence au(x) caisson(s) de basses. L'avènement de l'audio immersive ajoute une notion de hauteur au concept audio et place le spectateur au centre d'une demi-sphère sonore. La technologie Dolby Atmos ajoute deux à quatre enceintes à la zone d'écoute, placées au dessus d'une configuration multicanale classique sur deux « rails parallèles » reliant virtuellement le font et l'avant de la pièce dans l'axe des voies frontales. C'est le fameux troisième chiffre de la notation des configurations home cinéma – 5.1.2, 7.2.4, etc.
Jusque là, grâce à la psychoacoustique, c'était l'intensité d'un son qui permettait d'induire une certaine idée de sa « position » dans l'espace d'écoute. Désormais, des objet sonores peuvent être incrustés avec précision au sein de cette cloche acoustique, et traduire la trajectoire d'un coup de feu, le survol d'un avion, un murmure au creux de l'oreille etc. Cette verticalité, venue étoffer l'horizontalité du son surround, amène un réalisme et une immersion indéniables à l'expérience cinématographique. Les informations concernant le placement précis du son sont nichées dans l'encodage de la bande son du contenu – film, série, musique, jeu vidéo - en écoute, qui va être traduit par l'amplificateur audio vidéo. Véritable cœur du système, c'est lui qui détermine et adresse tel élément de la bande son à l'enceinte concernée. Ce dernier doit être compatible avec le mixage Dolby Atmos.
Enceintes encastrées
Serties dans le plafond de la salle d'exploitation du système, les enceintes encastrées Dolby Atmos demeurent le choix de prédilection des intégrateurs en raison de leurs performances supérieures. Ces modèles diffusent le son de manière directe, sans dépendre des réflexions acoustiques, vers l'auditeur, exaltant indéniablement la précision du système en termes de localisation des effets. Outre des limitations logiques liées à la possibilité d'altérer le plafond de son lieu d'habitation – en cas de location par exemple - ces enceintes ne connaissent aucune autre contrainte relative à la forme ou aux aspérités dudit plafond.
Enceintes à réflexion
Les enceintes à réflexion diffusent les effets Dolby Atmos par réflexion des ondes sonores au plafond, via un ou plusieurs haut-parleurs orientés vers le haut. Le son butte alors contre la surface du plafond et est renvoyé vers l'auditeur. Pour un résultat optimal, le plafond doit être plat, rigide et réfléchissant, et doit être situé entre 2,30 m et 3,70 m de hauteur. Ces modèles, se posant tout simplement sur les enceintes principales, incarnent alors une excellente alternative aux enceintes encastrables lorsque le perçage n'est pas une option. Cependant, sans ces contraintes, les modèles à réflexion peuvent tout à fait être fixés au mur, juste au dessus des enceintes frontales, ou au plafond : ils sont alors retournés afin de diffuser les effets Dolby Atmos directement vers les spectateurs. Pour d'autant plus de simplicité, il existe également des enceintes Dolby Atmos intégrant un haut-parleur d'effet Dolby Atmos sur leur sommet et dotées de deux jeux de borniers distincts – un pour le signal frontal/surround et un autre pour le signal dédié au Dolby Atmos.
Dolby Atmos, derniers conseils
Si la nature du plafond de la pièce concernée est importante, sa taille l'est également. En dessous de 25m², inutile d'investir dans plus de deux enceintes Dolby Atmos. L'amplificateur en charge de tout ce beau monde est également fondamental. Inévitablement compatible au mixage Dolby Atmos, c'est lui qui décode les pistes audio et route les signaux vers les canaux de hauteur. Vérifiez la compatibilité des enceintes que vous convoitez avec votre amplificateur AV en amont de votre acquisition : l’impédance (généralement 4, 6 ou 8 ohms) doit correspondre à ce que l’amplificateur peut piloter, et la puissance admissible des enceintes doit être cohérente avec la puissance délivrée.
La plupart des amplificateurs home-cinéma actuels son équipés d’un système de calibration automatique capable de mesurer la réponse acoustique de la pièce à l’aide d’un microphone fourni. Un calibrage précis est fondamental pour assurer le bon fonctionnement des enceintes Dolby Atmos : pour que les effets verticaux soient perçus avec réalisme, il est essentiel que chaque enceinte soit parfaitement intégrée dans l’ensemble du système. Un calibrage chiadé coordonne les niveaux sonores, les distances et les délais entre les enceintes, afin que les objets sonores se placent précisément dans l’espace d'écoute.