Faisant partie des derniers nés de la gamme Radia d'Arcam, le SA35 est un ampli-streamer stéréo ou, en d'autres termes, un ampli Hifi connectée, fournissant une puissance importante de 2 x 120 watts en classe G. Développé sur la base du SA30, il dispose d'un grand afficheur couleur, intègre un préampli Phono MM/MC ainsi qu'un système de correction acoustique Dirac Live et dispose d'une connectique très complète avec port HDMI eARC.
L'appareil reprend le nouveau design typique des électroniques Radia. Celui se caractérise par des liserés et cerclages lumineux jaunes autour des deux gros boutons rotatifs à pression de la façade, sur les flancs, aux dessous des pieds et sur le pourtour des ouïes du capot nervuré.
Relativement compact en regard de sa puissance, cet ampli-streamer adopte ainsi un profil racé et sportif souligné par un petit aileron au-dessus de son panneau de connectique à l'arrière. Mais ce qui attire le plus le regard est son large écran couleur central qui affiche les visuels des pochettes d'album en cours de lecture et permet une navigation très claire, grâce à une interface graphique d'une excellente lisibilité.
Arcam fait partie depuis 2017 de la division Harman Luxury Audio au sein d'Harman International, devenue filiale la même année de Samsung, une des plus grandes entreprises planétaires de la tech. Elle est donc au sein d'un groupe disposant de très importantes ressources en matière de recherche et développement. La marque ne s'est cependant pas fondue dans la masse. Elle a conservé son esprit audiophile britannique issue de ses racines cantabrigiennes remontant à 1976. Mieux encore, au sein du groupe, Arcam a, en quelque sorte, pris le lead dans le domaine des électroniques Hifi et Home Cinéma premium. C'est ainsi qu'il n'est pas rare de retrouver chez JBL (autre marque du groupe) des déclinaisons des modèles d'Arcam.
Le Radia SA35 semblent pleinement profiter de ces différents atouts. D'un design très moderne, il offre un équipement très riche et exhaustif qui montre qu'Arcam a les coudées franches et l'appuie d'un grand groupe pour accéder aux technologies et standards les plus récents. D'autre part, il profite de l'héritage audiophile d'une petite entreprise dans laquelle l'humain a encore sa place et qui est animée par de vrais passionnés.
Pour ce qui est de la connectique, on cherche encore ce qu'il peut vraiment manquer à cet intégré stéréo connecté. Les entrées numériques sont disponibles dans tous les standards : optique Toslink, coaxial RCA, USB et HDMI eARC. Les entrées Ligne analogiques sont complétées par deux entrées Phono qui acceptent les cellules à aimant mobile (MM) ainsi que celles à bobine mobile (MC). On dispose également de deux sorties Sub pour caissons de grave et d'une sortie préampli. Le raccordement au réseau peut se faire en sans-fil par le Wifi ou en filaire à partir du port Ethernet RJ45. La liaison Bluetooth est enfin en version 5.4 supportant les profils LE Audio et Auracast, avec architecture Snapdragon Sound permettant une latence réduite et une transmission sans perte.
Du côté du lecteur réseau intégré, c'est également un carton plein. Il est possible de lui faire jouer de la musique à partir de n'importe quelle appli sur smartphone sous Android ou iOS grâce à la compatibilité avec Google Cast et AirPlay. Les fonctions Connect de Spotify, Tidal et Qobuz sont également supportées. L'appareil est Roon Ready. Arcam ajoute sa propre appli Radia, permettant le paramétrage, l'accès à plusieurs services de musique ainsi qu'aux webradios et podcasts en ligne. Et, si cela ne suffit pas encore, on a toujours la possibilité de piloter l'Arcam Radia SA35 avec un logiciel tiers utilisant le protocole UPnP/DLNA.
Tout comme son petit frère l'A25, désormais en version "+", et son prédécesseur, le SA30, le nouveau Radia SA35 disposent d'étages de puissance en classe G. Ces derniers adoptent un type de montage peu courant, dont Arcam est depuis longtemps un défenseur et qu'il réserve à ses modèles haut de gamme. Purement analogiques, ils consistent schématiquement en un double étage d'amplification comportant une section de transistors travaillant en pure classe A et une seconde section, à forte capacité en courant, polarisé en classe B.
Par rapport au SA30, les circuits d'alimentation et d'amplification ont été encore optimisés, tandis que les étages numériques ont été redessinés. Le Radia SA35 monte maintenant, en régime continu, jusqu'à 2 x 120 watts sous 8 ohms et 2 x 200 watts sous 4 ohms. La conversion numérique vers analogique est désormais confiée à une puce Hi-res de dernière génération ESS de type Hyperstream iV DAC.
À l'écoute, l'Arcam Radia SA35 délivre un grain sur les timbres, une densité sur les basses fréquences, avec une dynamique et une articulation superbe qui sont généralement l'apanage des électroniques en pure classe A. Cela est particulièrement flagrant sur le morceau "Douja" du Trio israélo-palestinien Joubran. Les percussions de Youssef Hbeisch qui accompagnent le jeu des ouds des trois frères, sont à la fois alertes et ont beaucoup de poids. L'ampli Arcam affiche une excellente tenue. Ça tape fort dans l'infra, avec de la poigne, tandis que le reste de la rythmique est fort délicate et nuancée. On sent le grain de la peau des tambourins et sa résonance caractéristique. De même, le son des tables d'harmonie et des caisses de résonance des ouds est très présent. Les extinctions de frappes et de cordes pincées ne sont pas raccourcies. Elles se prolongent librement, sans phénomène de trainage venant les altérer. Cela donne une matière sonore presque palpable aux instruments.
Sur la chanson "My Boat" de Melissa Laveaux, on retrouve une excellente articulation sur la basse électrique. Son jeu est puissant et profond. Celui de la guitare folk de Melissa est inversement tout en légèreté. On ressent bien la tessiture métallique des cordes en acier, les médiums clairs et percussifs voulus par l'interprète et qui diffèrent d'une guitare acoustique classique au son plus rond. Le caractère légèrement nasillard de la voix de la chanteuse ne donne pas lieu à des sifflantes trop appuyées. Le son est défini sans porter vers l'agressivité.
Dans un registre plus jazz, "Detroit" de Marcus Miller, le Radia SA35 met en valeur le caractère explosif de l'interprétation. Le son swingue avec virtuosité. L'enregistrement, plus complexe qu'il n'y parait, car mélangeant basse, guitare, cuivres, piano et batterie, est transcrit avec une très bonne lisibilité. Les instruments se positionnent dans une scène stéréophonique bien structurée, pas excessivement vaste, mais suffisamment large et profonde pour que chaque élément trouve sa juste place. Sur la rythmique impeccable et millimétrée de ce morceau, l'ampli Arcam marque parfaitement le tempo.
La force de l'Arcam Radia SA35 ne tient pas seulement à son excellent niveau d'équipement et à ses performances sonores très convaincantes. Il ajoute à ces deux qualités une capacité rare à s'adapter à son environnement et aux goûts de l'utilisateur, et cela sans surcoût.
La puissance de l'appareil et sa propension à très bien tenir les haut-parleurs dans les basses, lui permettent d'alimenter des enceintes de formats conventionnels d'à peu près tous types, qu'elles soient colonnes, compactes ou de bibliothèque. Le système de correction acoustique Dirac Live intégré est un des plus efficaces. Il est opérationnel dès la sortie du carton, sur toute la réponse en fréquence, ne nécessitant pas l'achat d'une licence additionnelle, ni d'un microphone de mesure, car celui-ci est fourni. L'utilisateur à la possibilité de le mettre en action ou non et de moduler son intensité. Plusieurs courbes de réponses cibles peuvent être enregistrées et rappelées à tout moment simplement en naviguant dans les menus du grand afficheur couleur de l'ampli Arcam. Si vous avez l'impression que la correction Dirac est un peu trop énergique et notamment qu'elle dégraisse excessivement le bas du spectre, vous avez la possibilité de paramétrer une courbe cible légèrement descendante ou physiologique pour les écoutes à bas niveau.
Cet Ampli Arcam Radia SA35 cumule ainsi tous les atouts pour devenir une référence incontournable dans sa catégorie. Il ne fait l'impasse sur aucun aspect susceptible de satisfaire les besoins et envies de l'audiophiles et à chaque fois répond avec des arguments très solides.
Puissance 2 x 120 W sous 8 Ω
Entrées analogiques 3x Ligne, 2x Phono (MM et MC)
Entrées numériques HDMI eARC, 2x coaxial, 2x optique Toslink
Bluetooth 5.4, Snapdragon Sound, AAC, LE Audio, Auracast
Réseau Wi-Fi et Ethernet
Fonctions réseau Spotify Connect, Tidal Connect, Qobuz Connect, Roon Ready, Apple Airplay, Google Cast, Internet Radio, Podcasts, UPnP
Fichiers numériques supportés FLAC, WAV, AAC, ALAC, AIFF, DSD (1024), MP3, MP4, OFF, WMA
Résolution numérique maximale supportée 32 bits/768 kHz
Consommation 700 W (maximum), < 0,5 W en veille
Dimensions 432 x 344 x 99
Poids 12 kg